Trail des Cagous
Le Trail des Cagous* se déroule cette année le long de la rivière Ouaméni, à 100 km au nord-ouest de Nouméa. Cette sortie s’inscrit dans le cadre de ma préparation pour l’Ultra Trail de Nice. Je n’ai pas d’objectif de performance précis : elle me permettra surtout de m’entraîner en conditions réelles, sur une trace que je ne connais pas.
Même si la distance et le dénivelé sont un peu élevés à ce stade de ma préparation (47 km et 2 350 D+ annoncés), cela me donnera l’occasion de faire un point sur ma forme. J’en profite aussi pour tester mes nouveaux bâtons en situation de course et voir s’ils sont vraiment utiles… ou s’ils ne risquent pas de me gêner.
J’estime mon temps de course entre 7h30 et 8h dans de bonnes conditions, et un peu plus si la pluie rend le terrain glissant.
J’arrive sur le site avec un peu d’avance. J’aime prendre mon temps pour me conditionner sans stress. L’ambiance est agréable, comme souvent dans ce type d’épreuve. Nous sommes 143 au départ du 47 km.

Petite particularité : après le contrôle de l’équipement obligatoire, nous traversons la rivière Ouaméni pour prendre le départ. Je n’ai pas envie d’enlever mes chaussures, alors je me partirai avec les pieds trempés. 😊 Après tout, en trail, il n’est pas rare de traverser des points d’eau, et je suis habitué à courir les pieds mouillés.
Ça y est, le départ est donné ! Les cinq premiers kilomètres sont roulants et sans dénivelé : parfait pour l’échauffement. Mais le risque, c’est de partir trop vite… ce que j’ai fait, et tôt ou tard, ça se paie…

Pour l’instant, j’ai une bonne foulée — pour mon niveau — et, comme beaucoup de coureurs, je me régale des paysages. La trace a été particulièrement bien préparée : le terrain est sec, la température idéale, entre 20 et 25 °C. Bref, les conditions sont parfaites.
Au bout de 30 minutes, le dénivelé commence. On prend un peu de hauteur, et le spectacle en vaut la peine. Je m’aide de mes nouveaux bâtons sur ces montées, pas forcément très longues, mais raides. C’est une succession de montées et de descentes… un vrai casse-pattes !

Vers les 25 km, je commence à avoir un coup de mou. Rien de méchant, mais c’est un peu tôt pour ça. Pas de panique, je continue.

Passé les 30 km, ça devient difficile. Je suis dans le dur. Comme toujours dans ces moments-là, je me concentre sur mon effort et puise dans mes ressources pour me relancer dès que possible. Les bâtons me sont d’un grand secours, surtout quand je vois encore une pente à gravir.
Ces instants sont étranges : c’est à la fois difficile et source de plaisir. Peut-être la satisfaction d’aller plus loin dans l’effort, de repousser mes limites.
Les 40 km sont passés. Le sait qu’il ne me reste plus beaucoup de distance à faire, je maintiens le rythme. Dans la dernière descente, deux concurrentes me doublent rapidement. Ça me réveille, je me relance et malgré la fatigue, j’arrive à reprendre un rythme correct.

Je retraverse la rivière du départ… et c’est l’arrivée ! Je suis crevé, mais heureux, malgré la déception liée à mon temps. Je ne le connais pas encore, mais je sais que je suis parmi les derniers.

En voyant les résultats, 128ème… je me rends compte que ce n’est pas terrible. Mais au final, j’ai eu raison de faire cette course. D’abord parce que c’est une belle épreuve, ensuite parce que cela va me permettre d’adapter mon entraînement pour progresser : mieux gérer mes bâtons et mon ressenti à l’effort. Et ça confirme ce que je savais déjà : je dois travailler ma vitesse.

Et maintenant ? Trois jours de repos, et on reprend l’entraînement ! 😊
*Pause Culture : le Cagou est l’oiseau endémique de la nouvelle Calédonie

