Mon premier Ultra
Le Tarawera Ultra-Trail
Mon premier ultra, le Tarawera Ultra-Trail by UTMB® en Nouvelle Zélande, février 2025. Sur la distance 100K, soit 102 KM et 2400 D+.
Ça y est, avec un ami, nous arrivons à Rotorua. On s’installe dans un Gîte près du lac, si le temps n’est pas exceptionnel, la vue sur le lac nous donne le sourire.
On s’accorde une journée tranquille pour nous préparer. Ces préparatifs me font entrer dans une forme de concentration ou peut être un mélange de stress et d’appréhension. Je tente de vérifier et revérifier que je n’ai rien oublié.
Je pense m’être entraîné correctement en suivant un plan d’entraînement adapté pour cet Ultra. Est-ce que cela sera suffisant ? À ce moment c’est la grande interrogation.

La tension monte, c’est le jour de la course. Des bus nous emmènent de Rotorua, lieu de l’arrivée, jusqu’au départ de la course à Kawerau. Dans le bus je fais connaissance avec deux françaises installées en Australie, le temps du trajet nous discutions un peu pour passer le temps et sans doute le stress aussi.
Le temps n’est pas terrible mais c’est toujours mieux que les chaleurs que j’ai pu subir lors de mes derniers entraînements estivaux en Nouvelle-Calédonie. Et oui, hémisphère Sud oblige, en janvier c’est l’été avec des températures atteignant les 40°C voir plus au soleil.
Ici, il fait frais, nous sommes environ 930 coureurs sur la ligne de départ. Je me positionne au sas jaune, le dernier, cela correspond, à peu près, à mon objectif de temps soit 17h.
Et c’est parti. Rapidement, le groupe s’étire, je commence tranquillement, comme pour un entraînement fondamental, histoire de m’échauffer.

Ce paysage brumeux est à l’image de mon état d’esprit. Un mélange de sérénité, d’apaisement.
Je me sens bien.

Les kilomètres défilent, les coureurs que je double ou qui me doublent ont souvent un mot d’encouragement, c’est très agréable. Parfois nous engageons la conversation quelques instants.
Après quelques kilomètres, on passe par un « single trace » sinueux particulièrement amusant. Je me surprend à accélérer, et je ne suis pas le seul. Je crois que beaucoup d’entre nous trouvons cela très amusant, cela créé une sorte d’effervescence. Heureusement que cela ne dure pas trop longtemps car il ne faut pas se cramer pour la suite, nous n’avons pas encore atteint le mi course.
Cette partie longe une rivière avec de multiples chutes d’eau, c’est magnifique. Je ne suis pas le seul à m’arrêter prendre une photo.

Concentré dans ma course, je n’ai malheureusement pas pris beaucoup de photos. Je crois que j’étais vraiment focalisé sur la gestion de la course.
Les kilomètres défilent, on arrive à la mi course. Je me suis préparé un « drop bag » avec des affaires de rechange. Ça fait du bien de porter de vêtements propres et secs.
Après 30 minutes je repars et de là, le terrain commence à devenir plus gras à cause de la pluie soutenue que la région connaît depuis quelques jours.

Les ravitos sont les bienvenus. Il y largement de quoi se restaurer et les bénévoles sont aux petits soins. Je me rends compte que j’ai pris bien trop de barres de céréales et gels (maison). Cela sera à prendre en compte sur les prochains trails.

Plus j’avance dans la course, plus le temps se dégrade, au trois quart de la course nous avons même droit à un bel orage. Les chemins sont de plus en plus boueux. Boue malaxée par les centaines de coureurs devant moi. Je commence à me dire que si ça reste comme ça jusqu’à la fin, ça va être long.
Arrivé au niveau de « Blue Lake » la pluie se calme. Cela me permet de profiter d’un beau paysage avant la nuit.
À partir de maintenant je sais qu’il ne me reste qu’une vingtaine de kilomètres. On rejoins effectivement le parcours du vingt kilomètres. Je me sens toujours bien, même si les muscles se figent un peu lors des arrêts aux ravitaillements.
Lorsque j’aperçois les lumières de Rotorua, je commence à changer d’attitude, surtout lorsqu’on arrive sur le bitume. Je n’ai plus beaucoup d’énergie bien sûr mais je peux me lâcher un peu. Je cherche mon rythme et je me cale à une bonne cadence au point de doubler quelques concurrents. Tous aurons un message d’encouragement à mon passage, ce qui me redonne encore un peu de jus.
Je vois la ligne d’arrivée, que je fini par passer en toute décontraction. Je suis fatigué bien sûr, mais pas exténué, ce qui rend ce défi doublement réussit. Et de pouvoir partager ce moment avec un ami qui avait fait le 20 km le matin, est très réjouissant.

J’arrive donc 350ème après 16:58:54 de course. Le premier arrive en 7:31:27, j’ai encore quelques progrès à faire 😄.
Le bilan est donc très positif. En regardant les temps de passage je remonte gentiment dans le classement.

Et sur la fin je reprends bien le rythme

Et bien maintenant ce qu’il faut c’est visiter cette belle Île du nord et m’inscrire sur une nouvelle course. J’ai déjà une idée en tête…

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